Aïe, ouille : Arvine en Capitales, à Fully, novembre 2006

Samedi 19 novembre, c’était Arvine en Capitales à Fully.

La commune de Fully, est la fusion de quatre villages sur la rive droite du Rhône. C’est une commune viticole importante, puisque qu’elle possède quelques 340 hectares de vignes (5200 en Valais). Principalement en coteaux, et cultivés en terrasses.

Un total de 21 producteurs de Petite Arvine (PA) de la commune (mère) de ce noble cépage était présent.
Les vignerons de Fully possèdent un total de 18 ha de ce cépage (115 ha plantés en Valais). Nombre de vignes sont encore fort jeunes, puisque la surface de ce cépage a été multipliée par deux ces dix dernières années dans le vieux pays.

La dégustation a débuté dès 10h00 du matin. Elle a eu pour cadre la « Belle Usine » de Fully.

Domaine Chanton du Clou :

PA 2004 : Robe jaune vert, nez dominé par la rhubarbe, des notes florales, quelques notes herbacées. La bouche est fine, dotée d’une belle acidité, Salinité typique en finale. Le vin manque un peu de matière, mais il est dépourvu de sucres résiduels (SR). La fermentation malolactique a été interrompue quasi à son début. Bien.
Un vin agréable et intéressant, au bon rapport qualité-prix de 10 €.

PA 2003 : robe jaune aux reflets verts, un peu plus dense que celle du vin précédent. Le nez est plus puissant, je retrouve des notes herbacées bien présentes (tilleul) et lactiques douces. Le vin possède plus de structure qu’en 2004, avec une bonne persistance. L’acidité est nette et accompagne joliment le vin durant sa dégustation. Belle longueur, un vin très agréable, à la matière déjà fondue. Bien +.

PA mi-flétrie 1999 : un vin dégusté après l’ensemble de la série des vins secs (ou annoncés secs). La bouche est moelleuse. Un vin qui se révèle être simple, sans complexité. Dans un parfait style demi-sec ou mi-doux incertain.


Domaine Gérard Roduit et Jean-Marie Arlettaz :

PA 2004 : nez fin, discret, bouche avec un corps fluet, de longueur moyenne. 1ere déception certaine (je connais un peu le domaine). Un vin sans corps et sans grâce. Triste.

PA 2003 : Robe jaune vert, brillante. Le nez est peu expressif, avec à nouveau des notes herbacées où je perçois celles du tilleul. La bouche possède de la rondeur, mais de longueur courte. Décevant.

Cave de Mazembroz :

PA 2004 : Robe jaune claire, le nez est fin avec des notes curieuses de pistache, et des notes lactiques. La bouche parait acidulée, sans grande structure, avec des notes de nougat et de bonbon anglais. En finale, la salinité typique de la PA est présente. C’est très moyen.

Domaine Benoît Dorsaz :

PA 2004 « les Perches » : vin présenté dans en flacon de 50 cl : il s’agit en fait d’une PA élevée en cuve. Vignes très jeunes (5 ans d’âge). Nez peu expressif, la bouche possède une belle fraîcheur, elle est bien construite, bien que de volume plutôt restreint. On discerne un petit CO2. Bien sans plus.

PA Quintessence 2003 : un vin élevé pour 2/3 en barrique et pour 1/3 en cuve puis assemblé. Les vignes sont âgées de 15 ans. Robe jaune or dense. Le nez est dominé par des notes de vanille, et des notes lactiques. Il parait dans un registre quasi oxydatif. La bouche est fine, dotée d’une acidité nette. Le boisé est fin et bien intégré. La longueur m’est parue courte. Moyen seulement, et déception certaine quant à la réputation du domaine aujourd’hui.

PA Coronelle 1991 : peu de personnes auront dégusté ce vin samedi, car un seul flacon est présenté (heureux ceux qui débutent les dégustations dans l’ordre inverse de celui proposé par les organisateurs !).
Robe jaune, le nez est dominé par des notes de rhubarbe, d’écorce de mandarine, d’agrumes. En bouche, un CO2 est immédiatement perceptible. La bouche est ronde, grasse, les SR sont bien perceptibles. Jolie structure, mais l’acidité est faible. Elevage en cuve à 100 %.
Bien (pour l’âge surtout). Un début de re-fermentation des SR serait-il à l’origine du léger perlant de ce vin ?

Cave de la Liaudisaz, Marie-Thérèse Chappaz :

Grain blanc 2004 : La robe est claire, si le nez est fin, mais discret aujourd’hui, la bouche elle est grasse, fine, mais tendue par l’acidité. Le vin est racé, élégant, long, avec une légère note lactique en bouche. Il possède la jolie salinité typique du cépage. Un vin jeune, qu’il faudra re-déguster d’ici trois à cinq ans. Marie-Thérèse Chappaz aime déguster les PA jusqu’à sept ou huit ans d’âge, car après, dit-elle, on perd le naturel de la PA.
Il doit rester un tout petit SR, fort discret. Elevage en barrique durant six mois, au bois fin, intégré, déjà très discret.
Très bien.

Re-dégusté juste avant de partir, le vin s’est montré sous un même bon jour, le meilleur de cette journée.


Cave St Gothard, Philippe et Véronic Mettaz :

PA Les Claives 2004 : nez fin, ou l’on perçoit des notes classiques de rhubarbe. Bouche fine, au caractère minéral affirmé, avec un CO2 très fin. Le vin parait tendre, car l’acidité cède le pas à une douce « sucrosité » (au bas mot quelques 10 gr de SR). Un vin agréable, de bonne longueur, dans un registre, hélas, demi-sec. Quelques 14,5 ° d’alcool, assez fréquents dans les vins de ce domaine.

PA Les Mûres 2004 : robe claire, le nez paraît plus intense que celui du vin précédent, mais l’impression minérale et de rhubarbe persiste. Le vin est plus marqué par les notes lactiques. Registre demi-sec à nouveau, même degré d’alcool, salinité et épices nettes (poivre) en fin de bouche. Un petit quelque chose de plus de complexité par rapport au vin précédent qui me fait préférer cette cuvée par rapport à la précédente.

Invariablement, les dégustations des vins de cette cave montrent que les vins possèdent toujours des degrés alcooliques élevés, et en outre, quelques grammes de SR qui les retiennent « d’aller plus loin » dans un registre alliant fraîcheur, finesse et équilibre.

Cave Henri Valloton :

PA Planche-Billon 2002 : Un vin à la robe jaune claire, limpide. Le nez est fin, floral. La bouche manque de structure et l’acidité est faible (et pourtant, la fermentation malolactique n’a pas été faîte !), notes végétales marquées. La finale est courte. Un vin dont le manque de maturité est flagrant.

PA Planche-Billon 2003 : A nouveau un vin à la robe jaune très claire. D’emblée, Mr Valloton annonce un degré de maturité à la récolte de 105° oechslé, et un vin vinifié sec, élevé sur lies en cuve durant près de neuf mois. Le nez est à nouveau floral, mais la bouche est raide, la structure fait défaut. Longueur moyenne et finale où la salinité typique du cépage est retrouvée, bien que peu intense. Décevant.

PA « Tradition 04 » : Robe or, de belle intensité, limpide, avenante. Le nez est dominé par des notes d’agrumes assez discrètes. En bouche la matière est plus riche que celles des deux vins précédents, avec un léger CO2 encore présent. Un vin plus harmonieux, par ses notes plus agréables et une acidité maîtrisée.

Cave Gérard Dorsaz :

PA Grand Cru de Fully 2004 : robe jaune or, le nez est typé agrumes avec des notes florales. La bouche est ronde, l’acidité est faible. De plus, le vin est d’un style demi-sec, car nanti de quelques 10 gr de SR. Longueur correcte. Un vin agréable, mais dans un registre que je ne recherche pas.

Cave Maurice Gay :

PA Les Mazots 2004 : robe jaune intense, assez évoluée. Nez floral, sans grande expression. La bouche démontre un déficit en acidité net, et à nouveau on retrouve un style demi-sec par la présence de SR bien présents. Finale courte. Moyen.

PA les Mazots 2002 : Robe jaune très claire. Le nez apparaît oxydatif. Manque de structure en bouche, notes lactiques prononcées, mais aussi de rhubarbe. Finale courte. Très moyen.

Cave Noel Thétaz & Fils :

PA Grand Cru 2004 : Nez fin, floral, notes lactiques encore présentes. La bouche offre finesse et équilibre, mais aussi quelques grammes de SR, la finale est courte. Bien toutefois, malgré le style demi-sec qui ne me plait pas.

PA GC 2003 : Robe jaune clair, nez discret, mais herbacé. La bouche, de volume correct, est déséquilibrée par le caractère végétal en finale. Moyen à nouveau.

Cave Jean Maret :

PA 2004 : Robe jaune de belle intensité, nez atone, la bouche est plus avenante, car harmonieuse, elle allie finesse, structure et une belle acidité. Notes lactiques encore présentes, sans excès. La finale de bonne longueur possède la touche saline typique. Un registre « sec » net. Bien.

PA légèrement douce : Robe jaune clair, nez discret, nombreux SR dès l’attaque et acidité en retrait. Corps souple, notes herbacées et longueur courte. Faible.

Cave Les Follatères :

PA 2004 Les Seilles : Robe claire, nez sans distinction. Notes de CO2 à l’attaque, la bouche possède une acidité fine, la matière manque de structure, la finale est courte. Un vin qui manque de fond.

Cave le Grillon :

PA 2004 : Robe très claire, limpide. Un vin annoncé sur l’étiquette comme « non rétrogradé » (sans malo). Léger CO2, notes herbacées, un vin sec, tendu par une jolie acidité, avec une finale de bonne longueur, dominée par une note élégante note poivrée. Bien. Re-dégusté plus tard, le vin plaît par son équilibre, sa finesse et sa droiture. Un style plus retenu qu’austère. A attendre un peu certainement pour qu’il se livre pleinement. Ce vin dégusté une seconde fois une heure plus tard confirmait la bonne première impression qu’il avait donnée.

Cave Michel Dorsaz & Fils, Clos de la Cigale :

PA 2004 « Sèche » : Un vin servi très froid. Structure plutôt faible, caractère herbacé, présence de SR, structure faible. Pas terrible.

Cave Le Vasy :

PA 2001 : Nez dominé par une jolie note d’agrume (mandarine). La bouche est raide, sèche, avec une amertume prononcée. Longueur très faible. Vasy ou Vasy pas pour la suite ??

PA 2002 : robe jaune or assez évolué. Nez fin, floral, avec des notes de rhubarbe. Bouche grasse, avec quelques grammes de SR, et une note herbacée qui domine la finale. Moyen donc

PA 2004 : Robe jaune intense, nez miellé, mais aussi de bonbon anglais. La bouche manque de matière, mais pas d’acidité, et elle est donc terriblement déséquilibrée.

Cave de la Tulipe :

PA 2004 : Robe claire, nez sans grâce, la bouche est raide (mais sèche), à l’acidité trop présente. Longueur faible. Encore un vin bien décevant.

PA 2003 : registre à peine plus agréable, l’excès d’acidité du vin précédent est remplacé par une amertume envahissante. Petite note d’agrume et salinité nette en finale, mais qui ne sauvent pas un vin manquant de structure, franchement médiocre.

André Roduit & Fils :

PA 2004 « sèche », Les Seilles : Robe jaune vert. Nez bien présent, ou l’on perçoit des notes lactiques, mais aussi d’agrumes et quelques notes miellées. Jolie structure du vin en bouche, acidité agréable, note saline en finale. Bien.

Cave la Rodeline :

PA 2004 La Murgère : un vin sans grâce. Faible de structure, excès d’acidité, amertume prononcée, court en bouche. Vignes jeunes.

PA 2004 La Murgère Grand Cru : Robe jaune aux reflets verts. Nez fin, discret, la bouche possède une belle structure bien balancée par une acidité, rendant le vin bien droit. Caractère minéral, plutôt austère aujourd’hui, Bonne longueur. Elevage sur lies pendant sept mois. Malo faîte. Bien à bien +.

Cave du Chavalard :

PA 2004 : Robe jaune vert, nez fin, note de rhubarbe, bouche à l’attaque vive, mais qui s’estompe rapidement. Vin manquant de structure.

PA 2003 : Robe jaune d’intensité moyenne. Nez élégant, miellé avec des notes de pomelos. La bouche possède un joli gras, et conserve une acidité tendant le vin dans un registre sec (il doit pourtant bien rester quelques SR). La finale possède un léger amer.

Cave Etienne & Jean Taramarcaz :

PA 2004 : Robe jaune vert. Nez finement citronné. La bouche possède une touche minérale, elle semble sèche, bien structurée, dotée d’une jolie acidité. Un vin qui possède une belle longueur, délicatement typée par une fine salinité. Bien.


Cave Camille Crettol :

Petite Arvine 2004 Branson Village : encore un vin très décevant, manque de structure, de maturité, à l’acidité exacerbée, court.
La petitesse du domaine (0,6 hec), me laisse à penser que la viticulture prend place après une première activité professionnelle. Un gamay dégusté un peu plus tard au stand Fully Grand Cru manquait lui aussi singulièrement de maturité et souffrait certainement aussi d’excès de rendement.
Dans l’ensemble, les quelques quinze vins de l’appellation Fully Grand Cru présentés issus des cépages chasselas, gamay et marsanne, étaient tout aussi décevants que ceux de PA.

En guide de conclusion :

Une dégustation bien décevante. Compte tenu de la taille du vignoble de Fully en Valais, de la réputation que cette commune s’est faîte avec ce cépage, et des exigences apportées avec l’apparition dès 1996 de l’appellation Grand Cru, je m’attendais à mieux. Tellement mieux. Il en résulte donc des vins très différents tant en qualité (le pire côtoie le meilleur -rare), et toujours en style, selon le millésime, et la vinification et l’élevage de l’encaveur.

Le seul bémol pour adoucir mon analyse : la taille du verre (trop grand et largement ouvert) était inadaptée à la dégustation de vins jeunes servis en petite quantité.

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