Très belle dégustation de vins du millésime 2015 aux Caves de La Béroche

La dégustation débute dans le local de vente, sis au « Crêt-de-la-fin », 1-2, à St-Aubin, avec Caleb Grob, le directeur de la cave, avant de se poursuivre dans les chais, où je déguste des vins dans leurs contenants (cuve, foudres, fûts) avec Mickael Loudry, le vinificateur de la cave.

Chasselas La Béroche 2015 : Très joli nez, intense, sur des notes florales, d’agrumes et de poire. La bouche est un condensé de finesse et de fraîcheur. J’apprécie son équilibre subtil entre la richesse offerte par le millésime 2015, et la tension qui a pu être conservée dans cette cuvée, harmonieuse de bout en bout. Très jolie longueur finale.
Cette cuvée a été vendue durant trois mois sur des vols de la compagnie Swiss, de juin à fin août, en accompagnement de mets du chef Jean-Marc Soldati (restaurant du Cerf à Sonceboz, Jura bernois). Caleb Grob est très satisfait et du vin, et des retours suite à cette expérience avec la compagnie Swiss.
Très apprécié.

Chasselas Hôpital de La Béroche 2015 : l’équilibre est différent, avec plus de tension, et où le caractère minéral du vin est plus soutenu. Au nez, les notes d’agrumes sont plus puissantes et complexes que sur le premier vin.
Cette cuvée est donc bâtie dans un autre registre, où la tension en bouche est plus marquée. Si le premier a un profil un peu plus « passe-partout », mais terriblement digeste et tout en « buvabilité », celle-ci se configure davantage dans un style gastronomique. On la mariera volontiers avec un poisson du lac en sauce (où une crème citronnée). Très apprécié également.

Chasselas Sélection 2015 : (tous ces vins possèdent l’AOC NE bien sûr).
C’était la cuvée dite des « 5 communes ». Ce vin est donc l’assemblage d’une partie des meilleurs parchets, vendangés sur le tard et vinifiés séparément. Le nez est fin et délicat, avec une note de verveine citronnée dominante, mais aussi de fleur d’oranger. Le fruité se développe en bouche de façon très harmonieuse. La bouche plait par son équilibre,  sa finesse, sa fraîcheur (renforcée par un très fin gaz carbonique). Il se développe lors de sa dégustation une salivation très agréable, tendant à montrer qu’après un premier verre, on a envie de prendre un autre.
Très jolie longueur finale. Un troisième chasselas réussi. Bravo !selection-5-communes

Riesling-sylvaner 2015 : les vignes se trouvent sur la commune de Fresens. C’est un vin typé, avec un nez encore discret, où se côtoient des notes d’amande et de citron. La bouche est grasse mais sans lourdeur, son toucher de bouche est fin et délicat. Le fruité se développe avec intensité sur la finale. Pour Caleb Grob, se pose la question de l’adéquation sol/cépage. Les sols de Fresens étant trop légers. Le Riesling-sylvaner nécessitant des sols plus lourds.

Blanc de Noir 2014 : Nez de fruits exotiques, d’agrume (orange)de poire, cette cuvée fait montre d’une belle richesse équilibrée par une tension soutenue (pas de seconde fermentation), chose importante, car ce vin conserve un peu de douceur (quelques grammes de sucre résiduel). Cette petite patine en bouteille d’une année lui apporte un parfait équilibre. C’est un vin gourmand et prêt à boire dès maintenant.4-cuvees-blanches-la-beroche

Chardonnay 2015 (cuve) : une cuvée encore peu présente au nez, avec une note de noisette blanche dominante, de miel et d’anis. La bouche est riche, élégante, tout en finesse. Son volume surprend. Très joli équilibre et belle longueur finale. Le toucher de bouche est d’une grande finesse. Très bien.
Production limitée (moins de 3000 bouteilles), qui devrait être commercialisée en fin d’hiver ou du début de printemps prochain.
Le chardonnay barrique du même millésime, encore plus confidentiel (2 barriques, soit 600 bouteilles) ne sera mis en vente que début 2018. Patience.

Gewurztraminer 2015 : ce cépage aromatique a su tirer son épingle du jeu sur ce millésime 2015 (notez que dans deux concours cantonaux romands, ce sont des vins de ce cépage qui ont obtenu la plus haute note des vins présentés). Le fruit est classique, intense, sur des notes de litchi, de rose et d’arômes muscatés.
La bouche est riche sans être opulente, il reste un peu de sucre résiduel, mais il est d’ores et déjà fondu et donc discret. La finesse est là, ainsi que l’équilibre général. Le fruité est très présent en fin de bouche. Un très joli « Gewurz » que voila. Très apprécié.

Nous terminons cette dégustation de vins en bouteille par un Oeil-de-Perdrix 2015 : robe saumonée, nez de fruits rouges (fraise, groseille à maquereau) de belle intensité. Cet Oeil est typé, vif et donc frais en bouche, mais aussi riche et surtout fin. Belle longueur finale.odp-2015-la-beroche

La dégustation se poursuit avec Mickael Loubry dans les chais. Nous commençons par le Pinot Noir 2015 du domaine des Coccinelles. Le vin est toujours dans son contenant, un foudre de bois. Très joli fruité, intense, des tanins en bouche présents mais très fins. Bel équilibre et jolie longueur en bouche pour ce pinot noir bien typé, très franc. Très apprécié. Ce sera cette fois le seul vin du Domaine des Coccinelles (BioSuisse) que nous dégusterons ce jour.
Le Pinot Noir 2015 La Béroche 2015, bien que très fruité, et mûr, semble moins prêt à boire actuellement (ce qui tombe bien puisqu’il est toujours en phase d’élevage). Il est plus puissant, tannique.
Le Pinot Noir Hôpital de La Béroche 2015, se présente quant à lui de façon gourmande, avec du fruit, une belle mâche en bouche. A nouveau un vin fin, équilibré et long. Très apprécié.
Un millésime 2015 qui s’annonce donc particulièrement, puisque je déguste également la cuvée Les Sorcières 2015, et le Pinot Noir barrique 2015, deux vins également séduisants. Notre discussion se de dirige vers le métier de la tonnellerie, un sujet qui rend le caviste très disert tant il l’intéresse voire même l’inspire.

Nous achevons cette dégustation avec un vin de Galotta, un autre de Garanoir et un autre de Gamaret, qui entreront dans l’assemblage St-Roch. Afin de préserver le fruité des cépages, de ne pas maquiller les matières, Mickaël Loubry limite la part de bois neuf à 25 %. Aujourd’hui les trois cépages sont bien typés, le caractère épicé du gamaret le rend très séducteur au nez, j’ai bien aimé aussi le fruité du garanoir, plutôt porté les fruits noirs, alors que celui du Galotta évoque les fruits rouges, mûrs. Les bouches sont riches, le garanoir possède du peps, et devrait apporter sa tonicité à l’ensemble.

Un millésime 2015 qui peut être considéré comme très réussi. Les vignerons et l’équipe de cave ne peuvent que se réjouir aujourd’hui des résultats de ces jeunes vins.

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