• La 20e fête du Raisin à Féchy se tiendra le 23 septembre 2017

Au 5e Ressat d’Yvorne, c’était plaisirs et convivialité !

Le Ressat d’Yvorne était une découverte pour moi. Arrivé presque sur la pointe des pieds (et malheureusement seul), j’en suis reparti enchanté grâce à l’accueil des vignerons et des autres professionnels présents, et, bien sûr grâce au très cordial accueil offert par les membres du groupe auquel j’ai été « greffé ».
Au total, il y a eu huit groupes d’une vingtaine de personnes, qui  se sont succédés à intervalles réguliers à chaque étape.

Les groupes sont tous partis depuis le caveau des vignerons (Les Maisons Neuves 32), où Stéphane Borter nous a offert l’apéritif avec son chasselas d’Yvorne 2015 Un vin très apprécié pour sa fraîcheur, sa minéralité, et son caractère digeste.stephane-borteer

Notre première halte s’est tenue à 30 m de là seulement, au restaurant de La Couronne, où la famille Reichenbach nous a reçu en toute simplicité, pour nous faire déguster un feuilleté de saucisson vaudois, accompagné de ses succulents champignons vinaigrette et sauce mousseline. Un plat réalisé par leur fils, Claude-Alain, qui officie dans les cuisines.
Un plat réussi, où j’ai retrouvé le plaisir d’une jolie cuisine, simple et très bien exécutée, lors d’un précédent dîner pris sur place l’an passé. Il convient de souligner que l’Auberge de la Couronne ne propose à sa carte que des vins suisses, sinon même que du Chablais, avec une dominante vuargneranne quasi totale !
C’est ici que nous aurons dégusté deux vins de la Commune d’Yvorne : le chasselas Tréchêne 2015 (au nez fermé à l’ouverture mais qui s’est bien rattrapé par la suite, mais à la bouche très bien définie et gourmande), et au Pinot Noir 2014, que j’ai trouvé typé, mais un peu léger volume de bouche à mon goût. Outre la qualité de sa cuisine, la seule qualité de l’ambiance de ce restaurant familial, fait qu’il mérite que les visiteurs n’hésitent surtout pas à le rechercher.

Nous voici désormais en route pour le Domaine des Portes Rouges de Claude Isoz. Nous sommes accompagnés par son fils Fabrice, qui, faisait d’ailleurs partie de notre groupe. Nous dégusterons ici le Gewurztraminer 2015 du domaine, parfaitement sec, fruité et épicé comme il se doit, et tout en fraîcheur surtout. Il a accompagné une remarquable terrine de foie gras et son mignon de chevreuil et fruits confits. Un plat à tomber signé Pierrick Suter du Restaurant de la Gare, à Lucens.

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André Hotz, ici dans le Clos du Rocher à Yvorne

Après une nouvelle et brève marche, nous rencontrons André Hotz, oenologue de la Maison Obrist,  dont je vous reparlerai tout prochainement, pour déguster la cuvée La Bastide 2015, en accompagnement d’une soupe à la courge au curry vert, mitonnée dans un magnifique chaudron en cuivre, par le chef Christophe Rod, de l’Auberge de Lavaux, à La Conversion sur Lutry.
Cette Bastide est un assemblage fort goûteux de pinot noir et de gamay, très agréablement fruité, équilibré, sapide. Un vin fort apprécié pour sa digestibilité aussi. Quant à la soupe de courge, dont je suis pour le moins friand, j’ai beaucoup aimé cette idée du curry vert. A revoir à la maison dans les semaines à venir.

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Marie Robert (Café Suisse à Bex, 14/20 au Gault & Millau) partage un moment de convivialité avec son collègue Christophe Rod.

Du chef Christophe Rod, parlons en, puisque nous arrivons auprès de lui et de son équipe désormais, dans une grande tente, au milieu du vignoble. Il est parfaitement à l’image chaleureuse qu’il offre de lui sur les réseaux sociaux.
J’ai tout autant aimé sa rosette de homard, purée de patates douces dans son jus de verveine. Un plat d’une grande délicatesse qui a été accompagné, à mon goût, de façon parfaite par l’excellent assemblage blanc 2014 de chardonnay, pinot gris et pinot blanc d’Eric Minod, du domaine Dillet.dsc_0089
Un vin à l’élevage très précis et discret. Le nez est très porté sur le fruité du pinot gris, avec des notes de fruits exotiques comme la mangue, et aussi d’agrume comme la mandarine. La bouche est très fine, et (je me répète) précise. J’irai même jusqu’à dire ciselée. Un très beau vin. Bravo !

La prochaine « marche » sera la plus longue, peut-être un kilomètre, quasiment que dans les vignes. Mais entre plat et descente. entre-les-etapes-un-peu-de-marche Nous voici désormais dans le somptueux Château Maison-Blanche. Côté vignerons, Jean-Daniel Suardet, (vigneron du Ch. Maison-Blanche) et Frédéric Blanc (domaine Charly Blanc).

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Stéphane Decotterd, Restaurant du Pont-de-Brent (2** au Michelin, 18/20 au Gault & Millau).

Côté cuisine, Stéphane Decotterd, du restaurant Le Pont-de-Brent, et son équipe.

Les poires à Botzi dans leur casserole. Clin d'oeil fribourgeois de Stéphane Décotterd à sa région d'origine.

Les poires à Botzi dans leur poêle. Leur présence dans ce plat est une forme d’attachement de Stéphane Décotterd à sa région d’origine, Fribourg.

Le cuisinier tient en outre un blog très intéressant, où vous trouverez des recettes, bien sûr. Un blog tenu avec une assiduité remarquable, si l’on veut bien tenir compte du travail qui est celui d’un chef doublement étoilé à la tête de son établissement, et des sollicitations que cela implique. Vous y découvrirez par exemple d’où vient l’expression « ne plus avoir un radis en poche ». Mon astuce pour le savoir : rendez-vous à la recette des fanes de …radis.


Nous avons dégusté deux vins rouges, l’assemblage rouge 2014 du Ch. Maison-Blanche. Il s’agit d’un assemblage de pinot noir, de gamay, mais aussi pour une plus petite partie, de gamaret, de garanoir et de galotta. J’ai beaucoup aimé ce cru, charpenté, équilibré,  fruité (les fruits noirs surtout) et long. Nous avons dégusté également la Mondeuse noire 2015 du Domaine Charly Blanc. J’aime ces vins francs, sincères, un rien rustiques, qui parlent vrais. J’ai cru que ce vin était élevé en barrique en raison d’une note subtile de vanille. Frédéric Blanc m’assurant rapidement du contraire. Une autre cuvée au domaine est quant à elle élevée dans le bois. Ceci dit, la Mondeuse a quelque peu souffert non pas de la comparaison avec l’autre vin, mais de la puissance de l’assemblage. Je me suis demandé s’il n’aurait pas été plus judicieux de la proposer à déguster en première. le-lievre-a-la-royale-facon-stephane-decotterd
Le lièvre à la royale était …divin. La petite farce incorporée au sein de la viande apportait une différence de texture et une touche de raffinement supplémentaire.
Et que dire de la sauce, sinon que sa réduction était parfaite, tout comme son équilibre, car ne souffrant d’aucun excès comme celui du sel par exemple.

Nous poursuivons notre route en direction de la commune d’Yvorne, et faisons halte dans le bâtiment communal, pour découvrir une assiette de fromages réalisée par Jean-Louis Bapst, de la laiterie du Collège à Aigle. Pour accompagner les cinq fromages, nous avons dégusté la cuvée Le Petit Vignoble 2015 de la Maison Badoux (dont le vignoble se trouve à côté du bâtiment communal), et le Merlot 2014, gamme Lettres de Noblesse, toujours de la maison Badoux. Un « Petit Vignoble » plutôt rond et gras, séducteur,  fin et équilibré. Le Merlot est parfaitement dans l’esprit de la gamme Lettres de Noblesse, avec un boisé intégré intégré en bouche, mais très présent au nez (une chauffe forte du bois qui apporte une touche toastée grillée marquée).

Pour finir, enfin, pas tout à fait, direction le restaurant du Torrent, pour le dessert et son vin. Claude Philipona nous a réalisé une assiette de sorbets de de crème goûteuse et généreuse (il est vrai que nous n’avions encore rien mangé depuis 12h30). Le cuisinier, qui a repris l’établissement en juillet de cette année, m’a donne envie d’en savoir plus sur sa cuisine. Pour accompagner le dessert, nous avons dégusté la cuvée L’Yvorne Blanc de Blanc de l’Association Viticole d’Yvorne. Un pur chasselas vinifié en un très beau vin effervescent brut en partenariat avec la maison Chevalley à Genève. Un vin toujours a un très bon niveau qualitatif, et à un prix fort sympathique (moins de 20 CHF départ cave).

De retour au caveau, je me suis abstenu de café, j’ai seulement salué mes compagnons du jour, car il était temps pour moi de prendre le chemin du retour. J’avais encore une bon bout de route à faire pour rentrer chez moi.

Bravo aux organisateurs et aux participants qui ont oeuvré pour la réussite de ce 5e Ressat d’Yvorne. L’organisation semble parfaitement « huilée », et elle est d’une discrétion totale. Les restaurateurs « invités » et communaux font montre d’un plaisir indéniable à être présents. Marie Robert, restauratrice au Café Suisse, à Bex, qui participait au Ressat pour son plaisir, au sein de mon groupe, ne tarissait pas d’éloges sur les mets de ses collègues, dont elle considère certains, il est vrai, un peu comme ses maîtres.
Le Ressat est bien sûr un « outil » magnifique pour la promotion des vins d’Yvorne et de la gastronomie vaudoise et ses produits.

Vous m’avez donné envie de revenir. L’an prochain, je ratisserai large auprès de mes amis et famille !

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