Deux vins doux suisses

Retour sur deux vins doux ayant récemment accompagnés nos tartes à l’orange.

 

 

Pinot gris 2004 de Neuchâtel
issu de vendanges tardives

Nez de coing, de cire, mais surtout d’épices (cannelle) et raisins secs. Robe légèrement orangée. La bouche présente une concentration agréable, une acidité fine, une liqueur fondue, Un vin équilibré, de bonne longueur, auquel on pourrait reprocher, peut-être, une légère dureté en bouche.

Voila le vin qui a fait mentir mon texte posté il y a cinq ans dans la première version d’un forum vin francophone : « Neuch, quand on n’a pas le climat, on fait pas » ! (ci-dessous) :

Suite à la dégustation d’un second vin « de dessert » suisse régional (arc jurassien), offert dernièrement (Pinot Gris 1999, encavage de la ville de neuchâtel), je me suis remémoré cette blague de Coluche, où un couple de belges, perdus quelque part sur une route de la campagne française, s’en allait demander la route à suivre à un paysan, et se voyait répondre :

 » quand on sait pas, eh ben, on va pas ! »

Il s’agissait d’un autre prétendu vin de dessert, neuchatelois donc cette fois-ci, après un premier, issu du vignoble jurassien (Suisse) de Buix (cf, forum CR de dégustation « Clos du Canton »).

 

« quand on n’a pas le climat, on fait pas » serait-je tenté d’écrire.

 

Je n’ai nullement l’intention de faire un inventaire de l’ensemble des défauts dudit vin, mais son premier défaut est à mes yeux de ne pas avoir de qualité.

Dommage surtout que ce genre de flacon existe.

Cela fait mal d’ouvrir une bouteille pour constater que l’on est devant un vin de type « abus de confiance ».

Quels sont donc les professionnels qui réalisent de genre de vins ? Et quelles sont les raisons qui les poussent à vinifier pareilles horreurs ?

 

Car qu’elle est en effet la raison d’exister de ce genre de vins, si ce n’est d’offrir un liquoreux « couleur locale » à des amateurs fiers de leur région, croyant qu’elle est à même de produire tout type de bons vins. Y a-t-il une demande ? Mais alors pourquoi la satisfaire ?

Ce n’est pas la « superbe » étiquette pour daltoniens (fins caractères en jaune et rouge sur fond vert), informant sur le temps d’élevage en fût de chêne (9 mois !!), ou encore « vin de dessert » qui vont changer quoi que ce soit. Pas plus non plus que le fier (et arrogant) tampon précisant que nous avons droit à l’étiquette officielle de la ville ».

 

Ca confinerai au comique, si les efforts réalisés pour produire des vins dignes de ce nom n’existaient pas. Les Chardonnays et Pinot Noir régionaux sont devenus, à force de travail, vraiment intéressants et ne méritent pas de voir ces vins tristes les cottoyer, au risque de leur faire du tort.

 

 

 

Amigne Mitis 2002, Jean-René Germanier
robe or, nez très pur sur le coing, puis à l’ouverture, on perçoit une belle note d’écorce de mandarine. Robe or, la bouche offre une concentration moyenne, la liqueur est ici aussi fondue, mais l’acidité est plus nette, présente, le vin s’affirme davantage en bouche. Note discrète en bouche de tabac blond et de caramel. Il offre une belle droiture et une longueur très intéressante.

 

laurent

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