A propos Laurent Probst

Mon blog sur les vins suisses, librement et avec plaisir (ce qui n'exclut pas quelques accès d'humeur). Mais pas que du vin, de la cuisine, des photos, des hors sujets parfois aussi. Bienvenue ...en Suisse ! En mai 2014 j'ai créé une société individuelle : Laurent Probst - Vin & Communication avec laquelle je propose des prestations payantes aux caves de Suisse romande : visites de caves, réalisation et publication de communiqués de presse, travaux d'écriture et de relecture de sites Internet, gestion et animation de pages professionnelles sur les réseaux sociaux, travaux photographiques, traduction FR/DE en partenariat avec un journaliste alémanique, vente d'espaces publicitaires, vente de vin. Je suis membre de la Fédération Internationale des Journalistes et Ecrivains du Vins (FIJEV), depuis 2011. Laurent Probst

Chez Marie-Thérèse Chappaz, juillet 07

Le compte rendu de mon passage annuel chez Marie-Thérèse Chappaz à Fully :

Fendant les Bans 06 : un beau fendant dense, frais, fruité.

Fendant Président Troillet 06 : une minéralité exacerbée, puissante, que j’apprécie beaucoup. Marie-Thérèse la trouve trop appuyée. On croque du caillou.

Petite Arvine grain blanc 06 : robe très pâle. Cette PA n’a pas digéré tous ses sucres. A ce stade, le boisé est un peu trop présent à mon goût. Marie-Thérèse n’emploie pourtant la barrique que partiellement, pour apporter un supplément d’oxygénation à son vin. Ce qui étonne, c’est le registre épicé (poivre blanc) particulièrement puissant. A revoir dans une année.

Ermitage grain d’or 05 : très belle robe jaune or, profonde, nez peu puissant. La bouche est une réussite : densité sans lourdeur (pas de FML), précise, rétro-olfaction sur la truffe, la framboise. Belle longueur. Très joli vin. A laisser en cave trois ou quatre ans et à laisser vieillir aussi.

Dôle La Liaudisaz 06 : une superbe robe rubis éclatant, le nez est riche en petites baies rouges, la bouche est dense, droite, avec une minéralité apportant une élégance et de la fraîcheur. Belle longueur. Une très jolie dôle.

Grain Pinot 06 : a nouveau, ce vin fait plaisir : la robe, le nez, la bouche : tout est là, complet, harmonieux. Marie-Thérèse parle de verticalité pour son vin de pinot noir, et je suis on ne peut plus d’accord avec elle. Un très joli pinot noir valaisan.

Humagne rouge 06 : un vin plus réservé, quoique non dénué d’élégance. Une humagne rouge de bonne densité, fraîche, sans trace d’une quelconque rusticité. Bien

Grain Cornalin 06 : avec ce cépage récent pour elle, Marie-Thérèse apprend beaucoup, et de ses collègues également, puisque Benoît Dorsaz semble lui prodiguer quelques conseils.
Ce cornalin, issu de jeunes vignes (de 5e feuille) est élevé partiellement sous bois, car Marie-Thérèse tient à éviter le caractère de réduction trop fréquent sur les vins de ce cépage. Un vin à la très belle profondeur de robe, le fruité m’a paru un peu en retrait, la bouche est complète. A boire dans les 3 à 5 ans. Un passage en carafe est aussi recommandé. Production très confidentielle : pour ne pas épuiser les jeunes plantes, il n’a été récolté que 600 litres pour 7000 m2 de surface !

Grain Syrah 06 : une syrah peu démonstrative vendredi. Je lui ai trouvé un caractère minéral très prononcé. La bouche n’offre pas une amplitude importante. Mais à nouveau, on évoque la verticalité nécessaire d’un vin. A revoir.

Grain Doux 06 : (assemblage de sylvaner, chardonnay, PA). Un vin moelleux issu de jeunes vignes quasi exclusivement. J’avoue ne pas être vraiment séduit par ce style de vin que je « place » mal à table. Marie-Thérèse s’enthousiasme pourtant des progrès réalisés sur cet assemblage.

Ermitage Grain Noble 04 : Belle robe or, un nez fin, sur le safran, un toucher de bouche très fin, beaucoup de classe. De l’équilibre et de la longueur. Nous le dégusterons dans trois ou quatre ans au plus tôt. Très bien.

 

Alors, quoi, un compte rendu « vin par vin » de ma visite chez notre « icone » du vin en Suisse et c’est tout ?

Non, mille fois non. Marie-Thérèse est en recherche permanente. En fait, il faut réussir à la suivre. Normal, elle est, à l’année, penchée le nez sur le guidon (de son travail) pour reprendre un terme du jargon cycliste.

Comment rendre justice au travail qui se fait ici par un simple compte rendu ? C’est rigoureusement impossible si l’on ne tente pas de comprendre la somme de travail fait à La Liaudisaz. Imaginez, où plutôt essayez de le faire, car c’est inouï d’une certaine façon. En plus de soigner et de traiter ses vignes comme elle l’entend (en biodynamie), Marie-Thérèse traite aussi les parcelles de ses voisins, contigües aux siennes. Ceci dans le but de les protéger de la chimie qu’ils utilisent, et donc respecter son cahier des charges personnel. Avec le morcellement d’une cave de 10 ha en de multiples parcelles -disséminées, c’est peut-être  pas loin de 2 ha de vignes supplémentaires qui sont travaillés par la vigneronne et son personnel.

Je laisse passer les vendanges, et verrai prochainement avec Marie-Thérèse s’il est possible -au cours de l’hiver par exemple, de faire le tour de l’évolution de son domaine et de son travail, et de vous en rendre compte.

D’ailleurs, il n’est pas question de ne parler ici que de vins dégustés, et d’en livrer des comptes-rendus bruts. L’évolution de ce blog vers une approche plus en profondeur des caves visitées, liée au travail réalisé et à l’esprit qui le motive, m’intéresse tout autant, sinon …davantage.

 

Laurent

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