Le Guide "Buss" des Meilleurs Vignerons de Suisse : à lire avec entrain !

Pierre-Emmanuel Buss et Jérôme Ake (textes), Guillaume Perret (photographies) viennent de publier le guide de leur sélection des cinquante meilleurs vignerons de Suisse :. des artisans novateurs et des vins qui on fait leur renommée. Une publication des éditions Favre :
Pierre-E. Buss est journaliste au quotidien Le Temps. Un journal qui peut-être considéré comme le grand titre de la presse écrite en Suisse romande (l’équivalent d’un Le Monde ou Le Figaro en France peut-être), où il signe -entre autre- chaque semaine un article sur un producteur helvétique s’il ne commente pas un vin coup de coeur.
Jérôme Ake est chef-sommelier au restaurant de l’Auberge de l’Onde à St-Saphorin (Lavaux). De toute évidence, le travail rédactionnel du guide est collectif, car Jérôme Ake ne présente pas ses choix en sa qualité de sommelier. A l’instar de son compagnon d’écriture, il tient lui aussi une chronique hebdomadaire sur le vin dans un hebdomadaire de Suisse romande (Le Régional).
Guillaume Perret est photographe indépendant à Neuchâtel. Il a réalisé les portraits des vignerons ainsi que les autres photographies illustrant cet ouvrage. Le moins que l’on puisse dire est qu’il connait fort bien son affaire. Certes, quelques clichés paraîtront plus travaillés que d’autres, comme cette photo de couverture, quasi surréaliste, où l’on voit le couple vigneron tout sourire et les bras sur les hanches, face au vide de leurs vignes escarpées.
Voila pour les hommes. Au tour du guide :
La présentation est claire et soignée, de format pratique et de poids quasi idéal pour qui veut le consulter lors de ses pérégrinations dans les vignobles et les caves. Le papier est brillant, très agréable au toucher. Comme de coutume, et aussi parce que c’est logique et surtout utile pour le lecteur, le guide s’articule par régions linguistiques et par cantons, où les vignerons sont cités par ordre alphabétique. Le lecteur appréciera une sélection de quatorze producteurs alémaniques et tessinois sur les cinquante de ce guide.
Deux doubles pages sont offertes à la présentation de chaque vigneron. Un portrait photo sur la première page, puis dès la deuxième, un encart coloré apporte les informations de base sur la cave et les coordonnées du vigneron. Puis, sur cette même page et la troisième,  le texte qui « justifie » la présence du vigneron et surtout éclaire le lecteur sur sa personnalité et son parcours professionnel. On entre véritablement dans « l’intimité » du producteur, et, il faut bien le reconnaître, la lecture des textes est fréquemment passionnante. Pour clore chaque présentation, la quatrième page est réservée à la description de deux vins : « l’incontournable » et le « coup de coeur. ». Ces commentaires de dégustation sont rigoureux et précis. Enfin, trois à cinq vins sont cités et appréciés à partir d’une évaluation qualitative imagée (note maximale sur cinq).
Considérant que la pertinence des choix des auteurs est forcément bonne (dans le cas contraire j’aurais émis des réserves d’entrée) et naturellement on ne peut plus respectable, donc respectée, je me suis amusé à un petit exercice de comptabilité avec les vignerons de Suisse Romande de ce guide :
+ de la région des Trois-Lacs : j’ai rencontré au moins une fois dans leur cave les trois vignerons. Exception faite pour Jacques Tatasciore qui m’avait reçu chez un collègue neuchâtelois, parce que sa cave était alors en construction. Ce qui revient au même.
+ en Vaud : sur les douze caves, j’en ai déjà visité quatre et ai rencontré six autres vignerons. Concernant les deux derniers producteurs : si j’ai déjà dégusté au moins un des vins de l’un d’eux, l’autre m’était par contre totalement inconnu.
+ en Valais : j’ai rencontré la totalité des quinze producteurs. Douze chez eux (quand même !), les trois autres au cours d’un salon.
+ de la région de Genève : je n’ai croisé que deux vignerons sur les six de  cette région, et ce lors des rencontres de la Mémoire Des Vins Suisses.
 
En définitive, peut-être vous demanderez-vous si ce guide est un « bon » guide ? Assurément oui, car non seulement il rend « justice » à nombre de grands vins suisses en les mettant en avant, mais il apporte de surcroît par la qualité des portraits des vignerons présentés, un plus bien réel : nous montrer toute l’humanité de nos vignerons.
A découvrir donc !
 
Laurent