• Les Caves Ouvertes du Valais 2017

Les vins du Chablais : dans les Alpes vaudoises, des vins de terroir et de caractère

Avant de vous proposer à la lecture les portraits de trois vignerons du Chablais (Philippe Gex, Jean-Daniel Suardet et Anne Muller) dans les semaines à venir, voici un article sous forme de préambule sur cette région du Chablais. Ces quatre articles relevaient d’une commande du site swissfinewine.ch qui les a proposés très logiquement à la lecture avant moi.

Les terroirs vaudois sont épatants, il faut le dire, car chacune des régions viticoles du canton offre des perspectives différentes, souvent fortes en caractère, aux mêmes cépages. Le Chablais ne fait pas exception à la règle.

Dans cette région de taille modeste (presque six cent hectares), un peu oubliée des amateurs, qui trop souvent filent sur l’autoroute en direction du Valais, tout en lorgnant tout de même du coin de l’oeil les paysages viticoles qu’ils aperçoivent, trop peu nombreux sont ceux qui font le détour pour découvrir cette région.

Pourtant, de Villeneuve à Bex, les jolis vins ne manqueraient pas de les surprendre, car les bons vignerons et caves ne manquent pas.
Alors, en piste pour mieux les découvrir :

clos du rocher

Vue plongeante depuis le terroir de l’Ovaille sur le Ch. Maison-Blanche et le vignoble du Clos du Rocher

Avec presque six cent hectares de vignes, soit 15 % du vignoble vaudois, le Chablais possède la troisième superficie viticole de son canton. C’est un vignoble qui se concentre sur cinq appellations communales : Villeneuve, Yvorne, Aigle, Ollon et Bex.

ovaille yvorne

Géologiquement parlant, le terroir de l’Ovaille est l’un des plus jeunes qui soit, en raison de l’éboulement pierreux parti depuis le hameau de Corbeyrier jusqu’à Yvorne en 1584

D’un point de vue climatique et géologique, l’influence alpine est majeure et autorise une grande diversité de sols : du calcaire, des roches de moraines, des sols graveleux d’éboulis à Yvorne, de cônes de déjection marneux-argileux, de gypse, où encore des roches sédimentaires calcaires appelées localement cargneules. Une diversité qui permet au chasselas -tout particulièrement- d’exprimer sa capacité à « rendre le terroir » à la dégustation.

Aigle les murailles

L’Aigle les Murailles, de la maison Henri Badoux à Aigle, est une succes story. C’est le vin suisse le plus connu. Sa production serait proche d’un million de cols par an. Ce qui ne retire strictement rien à ses qualités.

Dans cette région du Chablais, la minéralité du vin est exacerbée, et l’expression « le chasselas, éponge à terroir » prend ici tout son sens .
Outre les terroirs, les expositions et altitudes diffèrent. A Aigle, de puissants murs de pierre ont été construits pour « casser la pente » parfois très forte. Certains vignobles bénéficient de l’influence du foehn pour accroître la maturité de leurs raisins. C’est surtout le cas à Bex, où la proportion de vins rouges est majoritaire à plus de soixante pour cent.

les murailles

le vignoble d’Aigle peut être très pentu. La preuve.

Parmi les cépages rouges traditionnels, on retrouve le pinot noir, le gamay, et aussi la rare mondeuse noire (il en existe aussi une blanche et une grise), un cépage d’origine savoyarde, à la fois délicat mais aussi un peu rustique, c’est ainsi en tout cas que certains la décrivent pour évoquer sa typicité et son originalité.

Le renouveau de l’encépagement du vignoble du Chablais est venu principalement par quelques cépages, dont l’importance reste toutefois fort modeste.
Mais, particulièrement soignés par leurs producteurs, ils peuvent surprendre par leur profondeur de texture. C’est le cas du merlot, de la syrah, du malbec et du gamaret. Quatre cépages qui se sont illustrés lors de la dégustation organisée par mes soins fin novembre 2015 (des commentaires de dégustation à découvrir sur le blog, sous forme de trois articles : chasselas, spécialités blanches et vins rouges).panneau à Yvorne où est quiDu côté des cépages blancs, outre le chardonnay qui s’est implanté en Suisse un peu partout, on croise d’autres cépages, comme le savagnin blanc, le riesling, le gewurztraminer où encore le doral. Si ces derniers constituent une diversification bienvenue, et permettent aux vignerons de montrer l’étendue de leur savoir-faire (certains vins sont secs et élevés sous bois, d’autres sont doux), ils ne rivalisent pas encore pour autant avec le chasselas, dont la typicité est encore plus éclatante en leur présence.12380502_10208335646974555_598933745_nUne chose est certaine, en présence de vins possédant autant de caractère, il serait vraiment dommage de faire l’impasse sur cette belle région.

Crédit photographie : Richard Pfister

 

Share This:

A propos Laurent Probst

Mon blog sur les vins suisses, librement et avec plaisir (ce qui n'exclut pas quelques accès d'humeur). Mais pas que du vin, de la cuisine, des photos, des hors sujets parfois aussi. Bienvenue ...en Suisse ! En mai 2014 j'ai créé une société individuelle : Laurent Probst - Vin & Communication avec laquelle je propose des prestations payantes aux caves de Suisse romande : visites de caves, réalisation et publication de communiqués de presse, travaux d'écriture et de relecture de sites Internet, gestion et animation de pages professionnelles sur les réseaux sociaux, travaux photographiques, traduction FR/DE en partenariat avec un journaliste alémanique, vente d'espaces publicitaires, vente de vin. Je suis membre de la Fédération Internationale des Journalistes et Ecrivains du Vins (FIJEV), depuis 2011. Laurent Probst
Pour marque-pages : Permaliens.

3 réponses à Les vins du Chablais : dans les Alpes vaudoises, des vins de terroir et de caractère

  1. Ping :Philippe Gex, un hyperactif, infatigable et paresseux… – Vins Confédérés

  2. Pierre-Jean Maccus dit :

    Article intéressant mais qui m’a rendu un peu confus en sachant que Villeneuve est sur la Riviera vaudoise et non pas dans le Chablais (je parle bien géographiquement parlant et non pas politiquement car au niveau politique Villeneuve c’est dans le district d’Aigle, qu’on aime bien surnommer Chablais vaudois.
    Pourquoi le vignoble de Villeneuve n’est pas sous l’appellation Lavaux ? Les vignes jouissent du climat de la Riviera (doux en été et sec en hiver) et font face au Léman, tout comme les vignes de Montreux-Vevey et Lavaux.
    C’est intriguant que le vignoble villeneuvois hérite de l’appellation Chablais juste parce que la commune est politiquement dans cette région alors que le raisin, lui, ne grandit pas grâce aux affaires politiques, mais bien grâce au climat de la région où il se trouve, et pour Villeneuve, c’est la Riviera.
    Voilà pour dire juste que les vins de Villeneuve devraient être sous l’appellation Lavaux selon moi.
    Sinon comme je l’ai dit, l’article était intéressant !
    Bonne journée !

    • Bonsoir,

      J’avoue m’être plusieurs fois déjà posé la même question.
      Je vais chercher réponse auprès d’encaveurs afin d’éclairer ma lanterne, et vous répondrai prochainement.
      Bien à vous,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *