• Les Caves Ouvertes du Valais 2017

330 bouteilles de vin ont été plongées dans le Léman ce matin

immersion

La caisse de métal galvanisé est cadenassée. Jean-Pierre Pastori espère que les nombreux plongeurs qui viennent s’exercer sur le site, n’iront pas se servir avant la remontée des bouteilles.

bouteilles en cageJ’ai été convié ce matin 16 janvier 2014 à assister à une expérience étonnante : la plongée à vingt mètres sous le niveau du Léman, à quelques mètres du Château de Chillon, d’un caisson métallique galvanisé contenant 330 bouteilles de vin : le Badoux Brut de la maison Henri Badoux, le Clos de Chillon, un vin de chasselas vinifié et élevé en barriques dans les caves du Château de Chillon et quelques bouteilles du Pinot Noir Lettres de Noblesse millésime 2011.DSC_0122Nous aurons eu de la chance : pas de vent, une température pour le moins douce, et surtout pas de pluie. C’est donc à l’heure que notre batelier nous aura fait faire le tour du Château de Chillon pour prendre position et assister à l’immersion du caisson métallique et de ses précieuses bouteilles.

Une expérience un peu « barge » a été (re)lancée ce matin au Château de Chillon. Ici, l’équipe technique se prépare à l’immersion du caisson.
plongeur en action

Le plongeur a une ceinture de plomb à défaut d’une poitrine siliconée. Non, mais à l’eau quoi !

immersion du caisson II

Le caisson va être placé à 20 mètres de profondeur, ancré contre la falaise qui descend à pic.

DSC_0092

Vue depuis le lac sur le Château de Chillon. Ce site culturel Suisse a reçu la visite de près de 350.000 personnes l’an passé !

Nous avons été accueillis par Messieurs Jean-Pierre Pastori, conservateur du Château de Chillon, Kurt Egli, directeur de la maison Henri Badoux à Aigle, et Daniel Dufaux, l’oenologue responsable de la vinification et de l’élevage des crus de cette maison. Avec eux, messieurs Joël Steiniger de la société Intrasub, qui a procédé à l’immersion du caisson, et Jean-Paul Gaud, « bouchonnier » genevois, qui a fourni les bouchons pour cette expérience.

De  ces bouchons, parlons-en. Lors de la première expérience, il y a trois ans, ils avaient été la cause de l’échec, par manque de préparation peut-être. Ils s’étaient enfoncés dans les bouteilles et le Léman avait été très faiblement coupé avec du chasselas (les poissons sont largement restés sous la barre des 0,5 pour mille rassurez-vous).
Pour cette nouvelle tentative, Jean-Paul Gaud -dont la société n’avait pas pris part à la première expérience- a réalisé un travail spécifique pour donner un maximum de chances de succès à cette entreprise :

  • par un traitement de surface sur les bouchons, à base de silicone,
  • un diamètre d’un à deux millimètres plus large que pour le bouchage habituel d’une bouteille. La longueur des bouchons est de 49 mm contre les 40 habituels,
  • la qualité du liège elle-même, possédant une très haute densité.

Tous ces efforts ont été faits dans le but d’obtenir une étanchéité maximale. La maison Henri Badoux a ajouté une couche de cire sur le bouchon et le haut des bouteilles. Daniel Dufaux ajoutant qu’il espère que cette couche de cire apporte un supplément de protection pendant la descente du caisson. Enfin, les bouteilles sont exemptes d’air, les bouchons sont donc en contact permanent avec le vin, mais surtout l’air ne peut plus provoquer une contre pression.

Si le Badoux Brut n’a subi de changement de bouchon (opération trop compliquée que celle du changement de bouchon pour un vin mousseux), les vins du Clos de Chillon ont eu droit pour leur part à un traitement particulier. Outre le fait que l’air ait été totalement retiré, le vin a été conditionné avec deux types de bouchons différents, l’un de forme classique, l’autre ayant la forme d’un bouchon de Champagne (ce qui devrait l’empêcher de glisser dans la bouteille).

Les vins tels qu'ils ont été immergés. A gauche, un vin "tranquille" de chasselas dans un flacon de vin effervescent.

Les vins tels qu’ils ont été immergés. A gauche, un vin « tranquille » de chasselas dans un flacon de vin effervescent.

Comment ces vins vont-ils se comporter et vieillir dans ce milieu ? Nul ne le sait. Désormais, il s’agit de s’armer de patience. Le plongeur ne reviendra pas vers la caisse avant deux ans pour y prélever les premières bouteilles. Si tout venait à bien se dérouler, l’expérience pourrait aller jusqu’à dix ans d’immersion.

Share This:

A propos Laurent Probst

Mon blog sur les vins suisses, librement et avec plaisir (ce qui n'exclut pas quelques accès d'humeur). Mais pas que du vin, de la cuisine, des photos, des hors sujets parfois aussi. Bienvenue ...en Suisse ! En mai 2014 j'ai créé une société individuelle : Laurent Probst - Vin & Communication avec laquelle je propose des prestations payantes aux caves de Suisse romande : visites de caves, réalisation et publication de communiqués de presse, travaux d'écriture et de relecture de sites Internet, gestion et animation de pages professionnelles sur les réseaux sociaux, travaux photographiques, traduction FR/DE en partenariat avec un journaliste alémanique, vente d'espaces publicitaires, vente de vin. Je suis membre de la Fédération Internationale des Journalistes et Ecrivains du Vins (FIJEV), depuis 2011. Laurent Probst
Pour marque-pages : Permaliens.

Une réponse à 330 bouteilles de vin ont été plongées dans le Léman ce matin

  1. Cornalin dit :

    Salut Laurent, Je constate que tu as malgré ton soucis de freiner le rythme du blog en 2014 une belle activité; je m’en réjouis… 😉

    Encore une de ces opérations gadgets qui fleure bon le coup marketing, plus que l’expérimentation oenologique… L’expérience a déjà été faite ailleurs, sans parler des bouteilles que l’on a retrouvé dans des épaves de navire… D’aucuns ont également placé des vins dans des mines de sel, dans un glacier, en haute altitude. A quand des bouteilles vieillies sur la Lune ou sur Mars…

    Cordialement

    RV

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *