Enfin un vaudois « Vigneron de l’année » au GPVS ?

L’an passé, fin octobre, soit juste avant la publication des résultats du Grand Prix du Vin Suisse 2011, je m’interrogeais si le vigneron de l’année serait (enfin) vaudois, où si la branche viti-vinicole du canton vivrait un nouveau quart d’heure …vaudois. Voir le lien ici.

Chacun le sait depuis, le valaisan Diego Mathier et son team de la cave Adrian Mathier Nouveau Salquenen AG, ont remporté cette précieuse distinction une seconde fois (titre qui faisait suite à un premier succès acquis en 2007). Depuis, le salquenard a annoncé faire l’impasse à ce concours en 2012, lors d’une interview de la TV valaisanne Canal 9.

Chaque grande région (suisse alémanique, italienne ou romandie) a déjà vu couronné l’un des siens. La particularité romande est que le vainqueur, qu’il soit vigneron-encaveur, responsable d’une maison de négoce, ou oenologue dans une société coopérative, a toujours été valaisan à ce jour.

Voici donc un petit état des lieux :

Les vins de suisse alémanique possèdent leurs points forts principalement avec le cépage Müller-Thurgau (riesling-sylvaner) et le cépage pinot noir.

Au Tessin, la grande force réside dans le cépage Merlot. Celui-ci est le phare de cette viticulture, son pain béni.

Les vignerons de Genève (un vignoble de 1300 ha) sont régulièrement peu en réussite dans ce concours, alors que leurs vins sont régulièrement reconnus pour leurs qualités, et que la diversité des cépages et des styles de vins y est riche, ce qui n’est pas un handicap -loin sans faut !- pour espèrer briller à ce concours. Certains cépages comme le sauvignon blanc sont particulièrement reconnus au-delà des frontières cantonales. Il y avait l’an passé trois vins genevois en finale au GPVS, mais pas de succès au rendez-vous.

A Neuchâtel, les vignerons s’en sortent plutôt bien au regard de la taille de leur vignoble (600 ha). Ils se sont imposés en 2011 dans une discipline qui est chez eux une seconde nature : le vin rosé de pinot noir, appelé sur place « oeil-de-perdrix ». Janine Schaer, vinificatrice à Boudry a par deux fois déjà remporté cette distinction, et ce avec deux caves différentes (elle n’a pas changé d’employeur, les caves pour lesquelles elle travaille sont toutes situées sous le même toit mais les entités y sont distinctes). Alain Gerber, vigneron à Hauterive, a quant à lui réussi une sorte « d’impensable »  en s’adjugeant le trophée de la catégorie des vins doux, au nez et à la barbe des vignerons valaisans, dans un canton où la production de vins liquoreux peut atteindre des sommets qualitatifs. En prime il avait empoché dans la foulée le prix Vinissimo qui récompensait le vin ayant obtenu la meilleure note entre tous les vins présentés au concours. En outre, il s’est offert l’année suivante la seconde place de cette même catégorie des vins doux, ce qui n’est quand même pas rien ! Ces deux vignerons neuchâtelois ne sont pas seuls. En 2011, Olivier Lavanchy, de Neuchâtel, a obtenu le deuxième prix de la catégorie vins blancs d’assemblage avec son vin appelé  « Sauvignier » (je vous laisse deviner quels sont les cépages qui le compose).

En 2011, dans le Vully, deux caves ont propulsé un de leurs vins en finale à Berne. Dans la catégorie chasselas, Christian Vessaz du cru de l’Hôpital a obtenu la deuxième place (seul vin finaliste de cette catégorie qui n’était pas vaudois), Marylène Chervet-Bovard est repartie avec un accessit dans la catégorie vins blancs purs pour son vin de Traminer 2010. La diversité des vins du Vully (importante pour les 150 ha du vignoble) est pondérée par un grand respect des forces du vignoble : les cépages à grand potentiel peuvent donc y tirer leur épingle du jeu.

En 2011, les vignerons du Valais étaient en position de force à Berne avec 23 vins et ce dans sept finales sur onze seulement. « L’armade valaisanne » n’a pas fait dans la dentelle : le titre de « Vigneron de l’année » pour Diego Mathier, mais aussi six vins victorieux dans les sept finales où ils se présentaient. Le prix Vinissimo revenant également au sierrois Maurice Zufferey. Impressionnant tout de même !

Et les vignerons vaudois ? Ils gagnent eux aussi trophées et accessits. Le chasselas, premier cépage du canton y contribue régulièrement, bien qu’il ne soit pas seul à se mettre sous les feux de la rampe. Pour le concours du GPVS 2011, j’ai compté 19 vins en finale (sur 66), présents dans huit catégories (sur 11). Pas mal du tout ! La pluralité des vins vaudois apparaissant dès lors de façon plus évidente. Mais, au final, une victoire seulement …dans la catégorie chasselas. Une catégorie où sur les six vins finalistes, cinq étaient vaudois (le sixième étant du Vully Fribourgeois, voir plus haut). Fabio Penta, de la cave Hammel à Rolle, avait placé deux vins en finale de la catégorie chasselas. Vins auxquels il convient d’en ajouter un troisième, vinifié pour le compte d’un encaveur.

Reynald Parmelin, du Domaine de la Capitaine, a poursuivi sa « moisson » personnelle dans la catégorie BIO avec son vin de Johanniter. D’autres caves se mettent régulièrement en exergue : les Frères Dutruy à Founex sont très réguliers dans ce concours avec le cépage gamay par exemple. Les bonnes adresses ne manquent pas, dans chaque sous-région vaudoise. Devant cette absence de réussite à ce concours, y a t-il des professionnels réellement intéressés par une victoire finale au GPVS où font-ils preuve d’une certaine résignation en y présentant leurs vins  ? Car peut-être est-ce là que le bât blesse ?

En attendant qu’un(e) vigneron(ne) vaudois(e) soit couronné(e) du titre de « Vigneron de l’année » l’on peut se poser la question :

 

Qui, quand et avec quels vins sera le premier vaudois « vigneron de l’année »

au Grand Prix des Vins Suisses  ?


Share This:

A propos Laurent Probst

Mon blog sur les vins suisses, librement et avec plaisir (ce qui n'exclut pas quelques accès d'humeur). Mais pas que du vin, de la cuisine, des photos, des hors sujets parfois aussi. Bienvenue ...en Suisse ! En mai 2014 j'ai créé une société individuelle : Laurent Probst - Vin & Communication avec laquelle je propose des prestations payantes aux caves de Suisse romande : visites de caves, réalisation et publication de communiqués de presse, travaux d'écriture et de relecture de sites Internet, gestion et animation de pages professionnelles sur les réseaux sociaux, travaux photographiques, traduction FR/DE en partenariat avec un journaliste alémanique, vente d'espaces publicitaires, vente de vin. Je suis membre de la Fédération Internationale des Journalistes et Ecrivains du Vins (FIJEV), depuis 2011. Laurent Probst
Pour marque-pages : Permaliens.

3 réponses à Enfin un vaudois « Vigneron de l’année » au GPVS ?

  1. Ping :Enfin un vaudois « Vigneron de l ’année » au GPVS ? | www.vinsconfederes.ch/ | L'information du vin sur internet : traitement et partage | Scoop.it

  2. Christian V. dit :

    Malgré tout le mérite des organisateurs à s’ouvrir le plus possible à la Suisse, le GPVS reste un concours dégusté à Sierre. Aux tables, on rencontre de nombreux valaisans qui intuitivement noteront mieux des vins qu’ils connaissent ou reconnaissent, c’est bien normal. Dans les catégories vins blancs purs et vins rouges purs, rares sont les cépages ne venant pas du Vieux-Pays à pouvoir « sortir ».
    D’un autre côté, il est très difficile de maîtriser une grande diversité de vins dans sa gamme. Chapeau bas à ceux qui y arrivent et ont ainsi de grandes chances de devenir Vigneron de l’année. Les règles du jeu sont ainsi faites qu’on ne verra pas avec ce titre, un vigneron spécialiste d’une cépage et provenant d’un vignoble qui le cultive de façon plus que majoritaire.
    A part l’exception du titre de Stefan Gysel, rares sont aussi les petits vignerons à pouvoir régater face à l’armada des grandes caves qui multiplient les vins mis au concours et ont plus de chance de sortir. Le vin doit être bon c’est sur mais les notions de probabilité interviennent aussi grandement dans les concours et celui-là particulièrement.

    • Laurent dit :

      Oui Christian, il y a beaucoup de probabilités, mais il peut aussi y avoir une volonté à préparer ou non un vin pour un concours. Certains producteurs s’y refusent, d’autres semblent posséder un certain art pour arriver à leurs fins.
      Diego Mathier n’a pas besoin d’acheter des pages de publicité. Le coût de sa participation au GPVS est totalement amorti sitôt que le nom de sa cave et le sien apparaissent dans la presse chaque fin octobre. D’où sa motivation à participer peut-être ?

      Amitiés,
      Laurent

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *