Vinéa 2005

Sierre, les 03 & 04 septembre 2005

Un nouveau slogan pour la manifestation viticole valaisanne :

« Rencontres conviviales pour les amateurs de vins ».

Vinéa, c’est toujours près de 130 vignerons-encaveurs et coopératives valaisans présents à Vinéa, répartis dans 29 tentes. Près de 1500 vins proposés à la dégustation !

Mais c’est aussi, des vins des autres cantons helvétiques, qui sont présentés au stand de Swiss Wine.

Des dégustations de prestige (payantes) dans l’Hôtel de ville de Sierre, et animées par des œnologues. Par exemple, Mr Thierry Gasco, Président de l’Union des Œnologues de France, et Chef de Cave de Pommery, a animé une dégustation centrée sur la cuvée Louise de Pommery.

Il est aussi possible de déguster un vin à l’aveugle, avec pour support de notation un ordinateur et le logiciel usités par le jury du Mondial du Pinot Noir.

Désormais, l’entrée de Vinéa est journalière, pour un prix de trente francs suisses (20 €), et n’est plus valable pour l’ensemble du week-end. Un verre Riedel, un carnet de dégustation, et un stylo sont inclus dans ce prix. Après, on déguste à volonté, sans bourse délier.
Malgré cette hausse de prix de 100 %, les amateurs ont répondu présents. Que de monde aux stands cette année. La plus forte affluence observée en quatre participations. Le beau temps était de la partie de plus.

La dégustation de ce jour confirme mes impressions de juillet. Si les vins rouges possèdent une belle maturité et une belle structure, de l’équilibre, je suis surtout content de retrouver un style plus vif, plus sec, pour des vins blancs qui ne sont pas pour autant dénués de structure et de matière.

La Petite Arvine 2004 de Jean-Claude Favre, dom. Sélection Excelsus, est véritablement pour moi la quintessence de ce que j’attends d’une Petite Arvine dans un bon (grand ?) millésime. Elle était mon coup de cœur de la journée du 13 juillet, elle le reste ce 03 septembre. Dans les vins rouges, la syrah des époux Mercier est également un vin de bien noble origine ! Mea culpa : je n’ai pas fait preuve de curiosité en me rendant auprès d’encaveurs jusque là ignorés. Ils patienteront encore…

Quoique, parmi les vins surmaturés dégustés, mention spéciale au domaine Philippoz Frères de Leytron. Trois vins dégustés, et trois réussites exemplaires.

Ne tenant pas à transformer chaque journée de dégustation en un marathon, j’ai pris tout mon temps ce jour, pour dialoguer avec les encaveurs, et, poser les bases d’une seconde Rencontre autour de Vins Valaisans en 2006, au cours du premier semestre. Une seule dégustation de vins liquoreux du Valais serait à elle seule proprement renversante de qualité. J’en fais le pari !
Un avis pour un week-end de dégustation sera posté sur le forum dans quelques mois.
Avis aux passionnés et aux curieux !!

Compte-rendu de dégustation de ma journée du 03 septembre 05 :

Cave du Manoir, à Leytron :

Fendant 2004 : robe jaune-vert peu intense, nez discret, bouche offrant de la finesse, un toucher agréable, notes lactiques encore présentes, bonne longueur. Un bon Fendant.

Petite Arvine 2004 : Robe jaune vert plus intense, nez puissant, avec des notes davantage herbacées (rhubarbe), florales, que dans les agrumes. Bouche alliant finesse, structure et longueur. Bien.

Johannisberg 2004 : (vins dégustés plus tard). Robe jaune tirant sur le ver plus intense. Nez puissant, sur l’amande fraîche, la bouche est grasse, offrant la typicité du cépage sylvaner en Valais. Bien.

Eternam, le vin liquoreux de la Cave du Manoir, se décline sous deux modes de vinification. L’un de 18 mois, en barriques (au nombre de trois), avec adjonctions ponctuelles de SO2. L’autre cuvée, est élevée durant trois ans en barrique (au singulier car il n’y en a qu’une) , sans jamais d’apport de SO2 durant l’élevage, sinon à la mise en bouteille. Cette façon de procéder apporte davantage d’acides volatiles et complexifie le vin, si j’ai bien compris les explications de Xavier.
Eternam est un assemblage de quatre cépages : la marsanne, le sylvaner, le sauvignon blanc, l’amigne.

Eternam 2003 : Robe jaune or intense, claire, nez riche avec des notes de miel, de coing, de cire, la bouche est également riche, possédant beaucoup de fraîcheur, et une belle longueur.

Eternam 2002 : Robe intense, vieil or presque orangé. Le nez, plus puissant que le vin précédent est encore plus dominé par le coing. La bouche offre également une belle suavité, associant richesse et fraîcheur. C’est étonnant comme ce vin moyennement apprécié l’an passé l’est devenu davantage après explications (en partie tout du moins) !

Le cadre d’une oenothèque de Xavier Bagnoud (à Leytron où à Sion) nous est déjà proposé pour réaliser la dégustation de l’an prochain. Merci !


Sélection Excelsus, à Chamoson :

La qualité des vins de Jean-Claude Favre devrait suffire à attirer les amateurs.
Néanmoins, Jean-Claude laisse parfois son stand à sa fort jolie nièce, de quoi provoquer une émeute entre de jeunes gens qui jouent à Casanova à qui mieux mieux… de quoi faire sourire et divertir les oenophiles présents.

Les bonnes impressions laissées par le Fendant, le Johannisberg, la Petite Arvine, le Cornalin, -tous issus du millésime 2004- sont quasi égales à la dégustation réalisée en juillet au domaine. Le vin de Pinot noir m’est apparu plus riche et plus fin qu’en juillet, la Petite Arvine possède une finale saline superbe, un vin possédant un équilibre superbe. Que des vins très appréciés donc.

Syrah 2004 : un vin riche, corsé et élégant. Moins dense que la syrah du domaine Mercier, mais un vin très réussi, bien typé, qui apporte beaucoup de plaisir.

René Favre & Fils, à Saint-Pierre de Clages :

Fendant 2004 : un fendant qui possède une personnalité riche. Notes lactiques encore présentes, tout comme un peu de Co2. Le toucher de bouche est fin, un vin équilibré et de bonne longueur. Très bien.

Johannisberg 2004 : Jolie robe or vert, nez typique du Johannisberg, un vin dense, très typé, possédant moins de finesse que celui de Jean-Claude Favre me semble-t-il.

Petite Arvine 2004 : Robe jaune intense, dense, nez dominé par les notes florales et de rhubarbe. La bouche est puissante, typée, avec une note saline bien présente en finale. Le vin m’est apparu dans un style légèrement oxydatif.

Grande-Année 2000 : la cuvée haut de gamme de la Petite Arvine chez les frères Favre. Il s’agit, pour partie, des plus vieilles vignes cultivées de ce cépage (1927). Elevage en barrique. Robe jaune dense, brillante, au nez on retrouve légèrement trace de l’élevage en barriques avec des notes de vanille, mais le fruité du cépage est présent également. La bouche est grasse, longue, possédant elle aussi une finale saline, propre à la Petite Arvine. Mille fois hélas, le style oxydatif rencontré avec le millésime 1998 est retrouvé cette année, moins puissant toutefois. J’avais préféré, et de loin, le millésime 1999 plus frais, plus naturel.

Cave le Potier, Jérôme Giroud, à Chamoson :

Fendant Pierre de Soleil 2004 : un fendant toujours très minéral, qu’il convenait de déguster, pour montrer la différence de style avec celui du domaine précédent. Excellent.

Cave du Vieux Moulin, Romain Papilloud, à Vetroz :

Amigne Grand Cru 2004 : Belle robe jaune orangé, brillante, limpide. Le nez est puissant, typé sur la mandarine. Le vin est riche en bouche, très fin perlant qui devrait disparaître dans le temps. Le vin est-il sec ou doté d’un glycérol hors norme ? Je n’ai pas posé la question à Romain Papilloud. Belle longueur. Un beau vin pour ce cépage rare.

Cave des Tilleuls, Fabienne & Marc-Henri Cottagnoud, à Vétroz : 

Amigne Grand Cru 2004 : Un ton au-dessus du vin précédent aujourd’hui. Plus d’équilibre pour une matière qui semble plus fondue. Superbe.

Petite Arvine 2004 : Robe jaune d’intensité moyenne, le vin me convainc moins que l’an passé. Je trouve la matière un peu légère pour l’élevage en barrique (par ailleurs d’une discrétion parfaite). Longueur moyenne.

Amigne Flétrie 2003 : Un liquoreux élevé en barriques. Grande matière, beaucoup de finesse et d’équilibre, la finale longue, est soutenue par une belle acidité et une non moins belle note citronnée. Magnifique. Compter un peu plus de 40 € pour ce vin dans une bouteille de 75 cl. Vin décliné néanmoins dans des flacons de 37,5 et 50 cl. La Malvoisie Flétrie n’était pas présentée à Vinéa.

Domaine Cornulus, à Savièse : 

Petite Arvine « Octoglaive » 2003 : a nouveau, il s’agit d’un vin élevé en barrique, dont la discrétion est complète. Le vin possède une belle robe or, intense, limpide, le nez est puissant, fin, avec des notes d’agrumes, la bouche est riche, équilibrée, longue. Une belle Petite Arvine possédant toute la fraîcheur requise. Très bien.

Domaine Philippoz Frères, à Leytron : 

Fendant 04 : robe claire, nez fin, tendre, bouche de bonne densité, aux notes lactiques prononcées. Très fin perlant. Bien

Malvoisie Grain Noble 1999 : Robe or, larmes épaisses, nez floral, notes de cire, bouche onctueuse, au superbe toucher, belle longueur. Très bien.

Petite Arvine 2001 : Robe jaune éclatant, larmes épaisses, nez puissant et fin, distingué. Nez fin, dominé par la cire, bouche très grasse, presque crémeuse, on retrouve une acidité propre au cépage qui donne beaucoup de distinction en bouche à ce vin. Grande longueur. Une superbe expression de la Petite Arvine en vin liquoreux.

Ermitage 2003 : Robe or, les larmes traduisent une grande densité de la matière. Le nez offre des arômes de cire, d’eau de vie de framboise. La bouche traduit le même plaisir par une onctuosité se combinant à la douceur de la texture de la matière. Un vin possédant une matière très riche, et pourtant il ne fatigue pas la bouche. Grande longueur a nouveau. Magnifique.

Quel trio de vins surmaturés !

 

Domaine Maurice Zufferey, à Sierre : 

Cornalin Maison Rouge 2004 : un joli cornalin, qui possède un fruité agréable, mais la bouche reste souple, avec des tanins fins, civilisés. Sans vouloir être un apôtre des vins concentrés, ce vin possède un style différent, plus immédiat, de complexité moindre.

Domaine Denis et Anne-Catherine Mercier, à Sierre : 

Cornalin 2003 : Un grand cornalin, à la robe sombre, violine, avec des arômes de violette, de réglisse, une bouche dense, dotée de tanins fins, serrés, offrant beaucoup de volume et une belle longueur. Un vin remarquable.

Syrah 2003 : Robe sombre, violine, un vin concentré, riche, aux arômes épicés et floraux. En bouche, une attaque franche, du volume et un grand équilibre, une finale longue. Une grande syrah !

Ermitage Flétri 2003 : le dernier vin dégusté de cette journée, bien après les deux vins rouges dégustés en fin de matinée. Robe jaune légèrement orangée, un vin dense, frais, la longueur apparaissait courte toutefois. A revoir à la maison.

Cave de la Liaudisaz, Marie-Thérèse Chappaz à Fully :

Petite Arvine Grain Blanc 2003 : belle robe jaune intense, nez typique du cépage avec un fruité d’agrumes, floral, l’élevage sous bois est parfaitement maîtrisé et ne se perçoit pas. La bouche possède du volume, très bien contrebalancé par l’acidité du cépage, bref, un vin équilibré, associant fraîcheur et structure. Un beau vin qui demande à être attendu.

Dôle Ma Puînée 2004 : la dégustation de ce vin permet nous permet à Valérie (la sœur de Marie-Thérèse) et à moi de raviver le souvenir du papy genevois qui en a commandé 180 flacons voici quelques semaines passées au domaine. Une dôle donc à la robe d’intensité moyenne, brillante, au fruité expressif, à la matière agréable légère, pour un vin digeste, de soif, à ouvrir avec une charcuterie, pour le plaisir sans chichis en somme. Très bien.

Dôle 2004 : après la puînée, il y a logiquement la grande sœur, et celle-ci offre naturellement plus de volume, une expression aromatique aujourd’hui moins riche. Un vin complet, qui demande un peu de temps pour s’apprécier pleinement.

Patricia & Gérald Besse, Martigny-Combe : 

Ermitage Les Serpentines 2004 : Un Ermitage de Martigny, élevé en barriques. Belle robe jaune or, d’intensité moyenne, le nez est assez retenu, l’élevage sous bois est très discret, tant au nez qu’en bouche. Si le vin n’a pas, me semble-t-il, la vivacité du 2003, dégusté il y a deux mois au restaurant, il possède toutefois une bouche conservant bien de la fraîcheur sur un joli gras. Un vin fin, bien équilibré, de bonne longueur. Bien.

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A propos Laurent Probst

Mon blog sur les vins suisses, librement et avec plaisir (ce qui n'exclut pas quelques accès d'humeur). Mais pas que du vin, de la cuisine, des photos, des hors sujets parfois aussi. Bienvenue ...en Suisse ! En mai 2014 j'ai créé une société individuelle : Laurent Probst - Vin & Communication avec laquelle je propose des prestations payantes aux caves de Suisse romande : visites de caves, réalisation et publication de communiqués de presse, travaux d'écriture et de relecture de sites Internet, gestion et animation de pages professionnelles sur les réseaux sociaux, travaux photographiques, traduction FR/DE en partenariat avec un journaliste alémanique, vente d'espaces publicitaires, vente de vin. Je suis membre de la Fédération Internationale des Journalistes et Ecrivains du Vins (FIJEV), depuis 2011. Laurent Probst
Pour marque-pages : Permaliens.

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